70 ans d’histoire et de savoir-faire pour Cuisines Grandidier
De l’atelier familial à une entreprise résolument tournée vers l’avenir, Cuisines Grandidier écrit depuis 70 ans une histoire faite de savoir-faire, de transmission et d’innovation. À Rémilly, l’entreprise familiale a su évoluer avec son époque tout en conservant ce qui fait son identité : le goût du travail bien fait et du sur-mesure. À l’occasion de cet anniversaire symbolique, Denis Grandidier, qui dirige aujourd’hui l’entreprise, revient sur cette aventure familiale, les grandes étapes de son développement et les défis qui se dessinent pour les années à venir.
La suite de l'interview...
Comment en êtes-vous arrivé à ce métier ?
« Mon père était déjà maître ébéniste. Quand j’étais tout petit, je traînais dans l’atelier avec lui. J’aimais récupérer des pièces de bois pour en faire des petits tracteurs ou des voitures. Quand c’était trop compliqué, les salariés m’aidaient à couper les pièces ou à les coller pour ne pas que je me coupe les doigts. Et petit à petit, ça s’est fait de façon tout à fait naturelle. De la même façon que mes enfants, qui aujourd’hui travaillent avec moi, ont baigné depuis l’âge d’un an dans l’entreprise familiale. »
Quel est l’avantage pour vous, de travailler en partie, en famille ?
« C’est une force, de savoir que l’on a la possibilité de continuer de génération en génération, de transmettre nos savoir-faire et le nom. On a fait très attention à ce que mon père m’a transmis et de ne pas l’abîmer parce qu’il faut respecter aussi nos clients et nos collaborateurs. Mes enfants nous apportent beaucoup avec les nouvelles technologies. J’ai plutôt appris à travailler avec mes mains pour faire de la sculpture, de la marqueterie. Aujourd’hui ils maîtrisent l’informatique, les machines numériques et de pouvoir associer à la fois leur savoir-faire et le mien, on arrive à avoir une longueur d’avance par rapport à ça et il faut la conserver. »
Comment le métier a évolué depuis vos débuts ?
« Le métier a énormément évolué surtout avec l’arrivée des ordinateurs et des machines. Autrefois, dans les ateliers, les machines étaient totalement manuelles et pouvaient même être dangereuses. Au début, il n’y avait pas de protections sur les toupies. On sait que la plupart des ébénistes ou des menuisiers avaient des morceaux de doigts en moins. Maintenant, tout se pilote à partir d’un ordinateur grâce à la CAO (Conception Assistée par Ordinateur). Depuis quelques années, ce sont les robots qui rentrent dans nos ateliers. Cela facilite le travail des hommes pour porter des charges lourdes. Ce sont des métiers qui étaient pénibles et usants lorsque l’on s’approchait de la retraite. Aujourd’hui, la partie informatique est très importante et elle continue de se développer. Au final, nous faisons toujours la même chose, ce sont les outils qui sont différents et la façon dont l’on va produire les choses. »
Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui souhaite se lancer dans l’artisanat ?
« Il doit d’abord être passionné. Il doit aimer le métier et comprendre ce qu’il va faire. Il doit être curieux, s’intéresser à beaucoup de choses, avoir un œil aiguisé et s’intéresser aux nouvelles technologies aussi. Aujourd’hui, il doit être conscient que beaucoup de choses se font grâce à l’informatique. Il faut qu’il vienne découvrir le métier en immersion, faire des stages, se rendre dans les écoles pour voir ce qui lui plaît vraiment avant de s’engager pendant quelques années. »
Un dernier mot pour la fin ?
« Le dernier mot : je suis HEUREUX d’avoir fait ce parcours, à la fois avec ma famille, avec mes collaborateurs. Chaque jour quand je viens travailler, je me dis qu’il y a encore énormément à faire, qu’il y a beaucoup de choses qui peuvent être développées. J’ai totalement été passionné, à la fois par le management, que par les ateliers et les machines. Voir que mes clients sont contents, qu’on m’a transmis une belle entreprise que j’ai moi-même transmis à mes enfants. Voilà, c’est quelque chose qui est formidable, je souhaite à beaucoup de personnes de pouvoir être aussi épanouies que moi je l’ai été tout au long de mon parcours. »
Et si vous découvriez l’envers du décor ?
Le 19 et 20 septembre, Cuisines Grandidier ouvre les portes de son entreprise à l’occasion de ses 70 ans. Une belle occasion de découvrir son savoir-faire d’exception, les métiers qui se cachent derrière chaque réalisation et les coulisses de l’entreprise familiale.